Johanna Soton : Pastore for’di chjassu
Sin’à Fiore di latte
Un Parcours atypique
Johanna a grandi en ville, à Aiacciu, mais elle a très tôt su qu’elle n’y ferait pas sa vie. Dès l’âge de quatre ans, elle confiait déjà à sa mère son rêve de devenir bergère. Issue d’un milieu non agricole, elle a longtemps rencontré des difficultés pour trouver des terres où s’installer. Sa rencontre avec son compagnon a marqué un tournant décisif. Originaire de Balogna et d’Arbori, il lui a permis de concrétiser son projet. Ensemble, ils se sont installés il y a vingt ans, à huit kilomètres d’Arbori, au lieu-dit « A Ghjattaghja », juste avant le pont de Trughja. Un endroit isolé, mais parfaitement en accord avec leur mode de vie. D’un naturel solitaire, Johanna trouve dans cet environnement reculé un équilibre en harmonie avec son activité et sa personnalité. Si ses études en STAPS à Corti ont un temps retardé ses projets, elles ne l’ont jamais détournée de son rêve d’enfant. Elle a finalement choisi de suivre la voie qui l’appelait depuis toujours.
En dehors du traditionnel, elle a trouvé ses marques
Johanna hà principiatu una pruduzione detta tradiziunale incù un casgiu di tippu « Bastelicaccia » è facia u brocciu ma strada facendu s’hè messa à diversificà a so pruduzzione è hà principiatu dopu à una dumanda forte à fà prudotti appena urighjinali è fora par a mai parte di u tradizionale, cum’è caghjati, casgi di tippu Camembert, Roquefort, crottin… è altri. Oghje pouponne sempre u brocciu è un casgiu piuttostu vinachese, ma quand’omu parla d’ella in u rughjone sò di e so varietà diverse. A pastore di a ghjattaghja hà fattu a scelta d’ùn alvi più chè capre « Alpine. » ch’ella hà crucciata cù corse è un’altra razza hà avutu problema cù e capre corse ch’ella hà avia è ghjè cusì chì oghje ùn hà più chè una cintinaia di frustere.
Appassiunata questa sì! ùn pianta mai
Oghje sviluppeghja a so attività prupunendu da quì à pocu iaurti, « yogourth » prufumati di modu naturale à u limone è à a fravula. Sopra locu dapoi annu, face sirate d’istatina mittendu in valore i so prudotti ma ancu quelli d’altri pruduttori di u circondu è aldilà.
Un de ses amis, chef étoilé, sublime et revisite les produits de la ferme autour d’un brasero lors de soirées de « show cooking » organisées chaque mercredi. Le succès est tel que, pour la saison prochaine, de nouveaux rendez-vous sont déjà prévus le vendredi, avec des accords mets et vins proposés hors les murs. Mais l’expérience restera ancrée dans le même esprit de lieu : c’est au bord de la rivière, à quelques pas seulement, que le sommelier de renom Raphaël Pierre-Bianchetti officiera à l’heure du déjeuner. Les dates sont très attendues, et il faudra suivre les réseaux sociaux de « Fiore di latte » pour connaître le lancement de la saison, les menus proposés et les disponibilités. Johanna, aujourd’hui, est une femme comblée. Maman d’un grand jeune homme, elle peut compter sur le soutien de son compagnon, très impliqué sur l’exploitation, notamment durant la saison hivernale. Il y a trois ans, elle a franchi une nouvelle étape en développant un élevage porcin. Elle a choisi la race corse, à la fois pour des raisons pratiques et sanitaires, mais aussi pour diversifier et enrichir encore sa production.
Cum’ellu si dice à spessu a pastore di Trughja posa è pensa o piuttostu travaglia è pensa, chì cum’ella travaglia sola si ne stà muta è riflette assai, à ciò ch’ella pudaria fà par risponde torna à una dumanda ma dinò par migliurà u so travagliu è e so cundizione di pruduzzione.
Tout ce que le lait de ses chèvres peut offrir, Johanna l’imagine, l’expérimente et l’adapte en permanence. Elle ajuste sa production au rendement, à la taille de son troupeau, mais aussi aux contraintes du lieu. Surtout, elle cherche à répondre à une demande réelle : ce ne sont pas tant ses envies qui guident ses choix que l’écoute du terrain. Pourtant, elle ne cesse d’innover. À la fois productive et créative, elle développe ses produits avec exigence et sensibilité. Elle les fait connaître en les proposant dans plusieurs épiceries fines, et de nombreuses tables, en Corse comme ailleurs, lui accordent désormais leur confiance. Toutes participent à faire rayonner et valoriser son travail. Sa vitrine, elle l’a construite. Et depuis peu, elle en possède aussi une sur place : une petite épicerie installée sur l’exploitation, à proximité de sa fromagerie. Elle y propose ses propres produits en vente directe, mais également ceux d’autres producteurs, dans une démarche de partage et de mise en valeur des savoir-faire locaux. U fruttu di u so travagliu ùn hè micca solu in u so latte è ciò ch’ella ne face u so fiore ùn hè imiccc cà in a curtechja di u so casgiu, hè ind’è ciò ch’ella hà suminatu, in i so sogni è a so manera nova di sfruttà, di produce è di prupone.
Johanna tient à rester une bergère, héritière d’un savoir-faire ancestral, tout en y apportant sa touche personnelle, à la fois moderne et féminine. Le mieux est encore de venir à sa rencontre, sur son exploitation, pour découvrir par soi-même toute la singularité de son travail. Elle fait également partie du réseau « Bienvenue à la ferme », qui lui permet d’être référencée et de gagner en visibilité. Une vitrine supplémentaire pour valoriser une production aussi authentique qu’atypique.
Partenaire de Bienvenue à la Ferme,
le Crédit Mutuel soutient des agriculteurs engagés dans la valorisation des territoires et la pérennité de leurs exploitations.


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