GRAND FROID

Alors que la planète s’apprête à subir la catastrophe du réchauffement climatique, le monde des nations connaît la menace d’un grand froid. Les nations incapables de s’unir pour prendre les mesures pour limiter les effets du réchauffement climatique voient leurs relations internationales se refroidir dangereusement.
Par Michel Barat, ancien recteur de l’Académie de Corse
L’œil du cyclone se trouve auprès du président Trump qui dynamite les unes après les autres les conventions diplomatiques. On est en droit de se demander si son véritable objectif n’est pas le démantèlement de l’Union européenne voire celui de l’OTAN. Dans ses discours on a comme l’impression qu’il n’a guère de surmoi ni aucune retenue pour émettre des affirmations à l’emporte-pièce. Et pourtant il a une méthode mais cette méthode n’est plus rationnelle. Il déroute ainsi tout autant l’adversaire que le partenaire sans qu’on sache si le partenaire n’est pas l’adversaire ou l’inverse.
Ses conférences de presse semblent improvisées, sans construction logique au point qu’on est contraint de s’interroger sur son langage. Elles se résument comme une évidence par un « je suis le plus fort, le plus grand du monde » dont on ne sait si le narcissisme est celui d’un enfant mal élevé ou d’un apprenti dictateur. On sait que les deux se ressemblent. Auguste Comte distinguait trois ères de la pensée, « la magique, la métaphysique et la positiviste ». La première explique que les mots font apparaître les choses, la deuxième que c’est leur essence, la troisième le déterminisme causal. La sienne appartient clairement à la première. Les choses sont ce qu’il dit même si l’histoire, la géographie ou tout simplement les faits le démentent. Ainsi affirme-t-il que les États-Unis ont eu tort de rétrocéder le Groenland. C’est impossible car cette île arctique ne leur a jamais appartenu. Mais il est vrai qu’elle a attiré à quatre reprises au moins la convoitise américaine.
Obsession conquérante
Au nom de la doctrine Monroe, en 1867 le président Andrew Jonhson tente en vain de l’acheter alors qu’il y réussit pour l’Alaska à la Russie. Harry S. Truman tentera de nouveau et encore en vain en 1946.
Le Groenland était considéré comme la porte atlantique de l’Arctique au même titre que l’Alaska comme la porte pacifique. Dès 2019 lors de son premier mandat Donald Trump échouera pour recommencer en 2025. Cette île est devenue pour l’actuel Président comme une obsession conquérante et sécuritaire au point qu’il en fait une crise internationale comme un enfant faisant une crise de nerfs parce qu’on n’a pas cédé à son caprice.
En réalité le Président américain ne fait pas de politique ni intérieure ni internationale il joue à faire des affaires. « La Fin de l’Histoire » n’est pas celle que pensait Francis Fukuyama, la victoire des démocraties libérales. Elle est au contraire leur défaite et victoire du mercantilisme qui, il faut le dire, a joué un rôle important dans la naissance des États-Unis avec le « tea party » dont la renaissance annonçait le trumpisme.
Peu importe la vérité, peu importe la réalité tout se joue dans un affrontement d’hommes d’affaires sur fond de paysage virtuel. Le jeu des puissances se joue comme sur un grand Monopoly ou sur les tables d’un grand Casino où Donald Trump serait le grand croupier.
La mort et les ruines
En réalité l’homme le plus puissant du monde n’est que le croupier général. Mais si le jeu est celui d’une télé-réalité de fait sur fond de réalité virtuelle, ses effets sont des morts, des malheurs ou des ruines bien réels. Le casino se construit sur des cimetières, la guerre virtuelle conduit à une guerre bien réelle porteuse de ses horreurs réelles.
Pour cette pensée magique s’exprimant dans un langage pauvre et puéril, le mot tout aussi magique est « droits de douane ». Trump impose des droits de douane comme le joueur de Monopoly achète de faux hôtels.
Le film de Charlot
Quand la puissance est confiée à quelqu’un qui prend les mots pour des réalités comme ses désirs, ses fictions, ses mensonges et peut-être même son délire, l’enfer guerrier et la ruine ne sont pas loin.
Le film de Charlie Chaplin Le Dictateur où Charlot joue avec la planète est redevenu celui de nos temps.
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