Amparà – Former par le métier. Former pour le territoire. Former autrement : 40 ans d’apprentissage

Quarante ans, ce n’est pas seulement une date anniversaire. C’est une somme de parcours, de gestes appris, de choix assumés. Né avec peu de moyens mais une vision claire, le CFA devenu Amparà Méditerranée a grandi avec son territoire, sans jamais renoncer à l’essentiel : former par le métier, au plus près des réalités corses. Depuis sa création, Amparà accompagne des générations d’apprentis sur le chemin de la qualification et de l’emploi. De la cave des Padules aux campus d’aujourd’hui, l’institution a changé d’échelle sans changer d’âme, plaçant l’apprenant au cœur de son projet pédagogique et humain.
Quand tout commence avec les moyens du bord
En 1986, le CFA de Corse-du-Sud voit le jour à Ajaccio, dans des locaux pour le moins atypiques : une ancienne cave à roquefort, aux Padules à Ajaccio.
Peu de formations, peu de moyens, mais une vision claire : former par le geste, par le réel, par le métier. Rattaché alors à la Chambre de Métiers, bien avant la régionalisation, le centre s’ancre d’emblée dans son territoire et ses besoins. À l’époque, l’apprentissage n’a rien d’une évidence. Il est pourtant déjà pensé comme un levier d’insertion professionnelle efficace, loin des discours, au plus près des entreprises.
Une pédagogie avant-gardiste
Dès ses débuts, le CFA fait le pari de l’alternance et de la formation en situation réelle. Les ateliers sont sommaires, mais l’essentiel est là : apprendre en faisant, apprendre pour travailler. Les premiers résultats en matière d’emploi confirment cette intuition. Ce modèle repose aussi sur des femmes et des hommes engagés. Des enseignants issus de l’Éducation nationale font alors le choix de l’apprentissage, acceptant un changement de statut, moins de vacances, parfois une baisse de salaire. Un choix assumé, par conviction, pour défendre une autre idée de l’éducation.
Irriguer le territoire plutôt que le centraliser
Former au plus près des jeunes et des entreprises devient rapidement une ligne directrice. En 1991, une annexe ouvre à Propriano, suivie de Porto-Vecchio, souvent dans des locaux atypiques. L’objectif est clair : ne pas attendre que les jeunes viennent à la formation, mais amener la formation à eux. Cette vision trouve un tournant majeur en 1995, avec l’installation du CFA sur le site de la Sposata. Trois mille mètres carrés de salles et d’ateliers modernes, un centre de ressources multimédia – visionnaire pour l’époque – et une nouvelle dimension donnée à l’apprentissage en Corse-du-Sud.
Former aux métiers qui font la Corse
Automobile, bâtiment, commerce, services à la personne, alimentation : les filières se structurent autour des besoins réels de l’économie locale. La formation continue se développe en parallèle, renforçant le lien avec les entreprises et les actifs du territoire.
Sous l’impulsion de son directeur, Franck Mufraggi, le CFA devient même une référence nationale en matière de pédagogie individualisée. Modules papier, outils multimédias, CD-ROM, évaluations innovantes : depuis la Corse, le CFA inspire bien au-delà de l’île.
Oser avant les autres
Premier BTS en alternance de Corse. Premier Centre d’Aide à la Décision (CAD) de France. L’histoire d’Amparà est jalonnée de premières, souvent discrètes, mais structurantes. Les années 2000 confirment cette dynamique : nouveau CFA à Porto-Vecchio, agrandissement du site d’Ajaccio, implantation à Propriano dans… une ancienne discothèque. Preuve que l’apprentissage sait aussi se réinventer dans ses murs.
Anticiper les métiers de demain
Sous la direction de Philippe Désiré, l’offre de formation s’élargit encore : préparateur en pharmacie, nautisme, aéronautique, fibre optique, aide-soignant, mécanique moto… Toujours avec la même boussole : anticiper les besoins plutôt que les subir. L’ouverture à l’international s’impose également. Des apprentis corses partent au Canada, en Italie, en Macédoine ou au Népal. Formés localement, ils deviennent citoyens du monde.
Un lieu de vie autant qu’un lieu de formation
En 2018, le Pôle Méditerranéen d’hébergement voit le jour : logements pour apprentis et jeunes travailleurs, bâtiment-école dédié aux énergies renouvelables et au développement durable. Un projet visionnaire, qui reconnaît que réussir sa formation, c’est aussi pouvoir se loger et vivre dignement. Le virage numérique s’accélère : réseaux sociaux, intelligence artificielle formation à distance, outils pédagogiques spécifiques. L’innovation n’est pas une rupture, mais un fil conducteur.
S’adapter pour rester fidèle
La réforme de l’apprentissage, la concurrence accrue, les bouleversements du financement imposent une mutation profonde. En 2020, le CFA devient Pôle de Formation Amparà. La mutualisation avec la CCI de Corse, puis la naissance du Groupe Amparà Méditerranée en 2024, permettent de consolider l’existant sans renier l’essentiel. En 2025, un rêve ancien se concrétise enfin : l’ouverture de l’École Hôtelière Méditerranéenne, au Palais des Congrès d’Ajaccio. La première école hôtelière de Corse, attendue depuis cinquante ans par les professionnels du secteur.
Une grande famille depuis quarante ans
Des milliers d’apprentis ont franchi les portes d’Amparà. Certains sont devenus chefs d’entreprise, d’autres formateurs, salariés qualifiés, piliers discrets de l’économie insulaire. Tous partagent un attachement durable à cette institution. « On quitte Amparà, mais Amparà ne nous quitte jamais. » Aujourd’hui, près de 800 apprentis sont formés chaque année, du CAP au Bac+5, des jeunes, mais aussi des adultes, des salariés, des chefs d’entreprise, des demandeurs d’emploi en reconversion professionnelle ou en formation continue. C’est également une soixantaine de formateurs engagés, au sein de plus de 70 formations, avec le soutien de près de 1 000 entreprises partenaires. Cinq campus maillent le territoire, d’Ajaccio à Bastia, de Propriano à Porto-Vecchio.
Quarante ans après, le cap n’a pas changé. Former, accompagner, révéler les talents.
Changer d’échelle, sans jamais changer d’âme.


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