par Franck Giovannucci*

Tribune

Paroles de Corse

 

L’Europe, une chance pour la Corse.

Trois semaines. Trois petites semaines pour nous réconcilier avec l’Europe dont on pense, à tort ou à raison, qu’elle a une part de responsabilité dans la crise de notre pays et sa gestion. Mais n’est-elle que cela ? Qu’une entité lointaine et abstraite dont on doute de l’efficacité et du fonctionnement démocratique ? Ou une opportunité pour les peuples qui la composent ? Trois semaines pour ouvrir de nouvelles perspectives. Trois semaines de campagne au terme desquelles les électeurs décideront, le 25 mai, par qui et comment ils seront représentés.

 

Sur notre île où l’abstention frôlait les 70% en 2009, encourager les électeurs est un devoir civique qui s’impose à tous les candidats. Car leur mobilisation n’est pas qu’une donnée comptable, elle possède aussi une valeur qualitative. A titre personnel, je veux provoquer une prise de conscience collective afin d’inverser cette tendance et donner à la Corse les moyens de sa représentation dans la circonscription Sud Est et en Europe. Parmi les principales formations politiques nationales, l’UMP est aujourd’hui celle qui semble la plus à même d’offrir cette possibilité au travers de ma candidature. Celle-ci, n’en doutez pas, a pour principal objectif de porter la défense et la valorisation de notre territoire auprès des instances européennes. Et dans la mesure du possible de convaincre ces mêmes instances d’intervenir concrètement dans les mécanismes de l’économie réelle. Cela s’obtient par la négociation que le Parlement a vocation à orienter sinon à inspirer.

 

Le véritable enjeu

Depuis le Traité de Lisbonne les eurodéputés sont renforcés dans leurs pouvoirs d’adapter les politiques communautaires aux besoins des territoires. Parmi les compétences déléguées par les Etats membres à l’Europe certaines intéressent directement la Corse et son développement. C’est par exemple le cas de la cohésion économique, sociale et territoriale, l’énergie, les transports ou encore l’agriculture et la pêche pour lesquels le Parlement européen est amené à légiférer. Il y en a bien d’autres qui, comme les premiers, servent de cadre aux programmes opérationnels. L’importance pour la Corse d’y être représentée est donc essentielle. Même si je suis européen cela ne m’empêche pas d’être sévère avec son fonctionnement. Regarder la situation en face ne doit pas pour autant conduire à tout condamner et encore moins à faire de ces élections un référendum pour ou contre l’Europe.  La monnaie unique combat efficacement l’inflation mais insuffisamment le chômage. La diplomatie et la politique de défense sont des mythes. Et l’espace Schengen a disculpé certains pays de surveiller leurs frontières. Mon engagement européen se fonde néanmoins sur l’idée que la France comme la Corse ne peuvent pas réussir seules.

 Changer de cap

Aucune initiative, aucune réforme, aucun résultat ne sont venus crédibilisés la politique engagée par le Président de la République. L’Allemagne est par conséquent, je le regrette, devenue le seul interlocuteur européen pour le reste du monde. La Corse doit prendre le contre-pied de la politique nationale en s’inscrivant dans les objectifs fixés par l’Union européenne pour les sept prochaines années. Autrement dit, nous devons prendre notre destin en main. Grâce aux fonds européens, totalement gérés pour la première fois par la Collectivité territoriale de Corse, nous disposons de nouveaux moyens pour financer notre développement et la croissance. Si je suis élu, je demanderai à participer au Comité régional de Suivi qui oriente l’affectation de ces fonds afin de garantir leur bon usage pour l’économie insulaire. Sans me substituer à l’administration, je me propose d’assurer une médiation en faveur des porteurs de projets, publics ou privés.

Au-delà des clichés

L’Europe prépare chaque jour notre avenir. Ses principes fondateurs ont valeur d’objectifs tant nous réalisons autour de nous combien la paix et la promesse d’une vie meilleure restent précaires dans une grande partie du monde. N’oublions jamais que c’est pour notre jeunesse que nous travaillons et pour elle que nous construisons la Corse de demain. Dans cette campagne, toutes les forces vives qui ont su se mobiliser lors des dernières élections municipales pour provoquer le changement doivent le rester pour réaffirmer l’importance de la Corse. Et lui permettre d’accomplir son destin. En Europe comme ailleurs, notre région a vocation à être entendue et pour cela elle doit être présente et active. Le projet que je veux porter c’est celui d’une Europe concrète, du quotidien. Une Europe dont l’obsession, loin des clichés, est d’apporter des solutions à ce qui préoccupe les citoyens. A cet égard, la prise en compte des enjeux régionaux dans les politiques communautaires est de bon augure. C’est en tout cas ce pour quoi je m engage, être au service de la Corse en Europe.

 

*Candidat aux élections européennes Liste UMP

Circonscription Sud Est (Rhône Alpes- PACA- Corse)