Andréa Maroselli : De l’écriture intime aux ateliers collectifs

À l’heure où les réseaux sociaux reçoivent toutes sortes d’accusations, à tort ou à raison, perdurent des éclats de plaisir qu’on éprouve lorsqu’on découvre certains profils qui sortent du lot. Et c’est fréquemment le cas des profils créatifs, artistiques où se meut, sur leurs pages numériques, en expression, le monde qui est à leur portée. Andréa Maroselli en fait partie. Découverte sur Instagram, il y a plusieurs années, cette jeune femme de 28 ans a quelque chose de collectif à partager. Et, il s’agit d’une vraie rencontre. L’écoute, le regard qu’elle accorde aux autres comme pour mieux questionner ce qui fait sens en elle ; curieuse, attentive, elle a su faire de ces qualités un moyen de créer des ponts entre certaines disciplines et les individus, en essayant de re-cueillir avec ces derniers, une matière qu’ils ont en eux mais qu’ils n’ont jamais réussi à faire véritablement émerger. C’est l’une des principales visées des ateliers d’écriture qu’Andréa organise et anime régulièrement avec beaucoup de créativité et d’engagement.

Par Laura Benedetti

Qui êtes-vous, chère Andréa ?

Je m’appelle Andréa Maroselli, j’ai 28 ans, je suis originaire d’Ucciani dans la vallée de la Gravona. Je suis professeure des écoles en classe de petite-section au sein de l’école des Salines VI à Ajaccio. J’ai étudié les langues et c’est encore un terrain de jeu très épanouissant pour moi. J’aime particulièrement observer les élèves, j’apprends beaucoup d’eux, de la justesse de leurs mots innocents, de leurs questionnements sur les dysfonctionnements de ce monde, de leurs réactions excessives à une situation positive ou négative. Ils sont nos phares, tant par leur joie et leur volonté de trouver le beau et le bon dans tout que dans leur sagesse naïve. En dehors de mon travail, je dédie mon temps à la lecture, l’écriture, la photo et à la culture. Je suis très curieuse, j’ai fait de la poterie, du yoga, je fais également partie d’un club de lecture dans le café librairie Bartleby’s et d’un club de vin qui se nomme « De terroir en quille ». Je tiens à mentionner ces activités car on a souvent reproché à la Corse de ne pas avoir d’occupation hors saison estivale et je trouve que nous avons de plus en plus d’opportunités de découvrir de nouvelles passions et d’échanger sur différents thèmes et cela m’enchante. L’émergence de projets culturels est de plus en plus importante et je m’en réjouis.

Où résidez-vous ?
J’ai récemment quitté mon village pour vivre à Ajaccio. Cette décision a sûrement été une des plus douloureuses et difficiles à prendre de ma vie mais j’en mesure la chance et l’importance chaque jour. J’ai profondément aimé la vie au village, proche de mes aînés, de ma famille, de mes nièces. J’aime le calme, le parfum de la montagne, la réciprocité réconfortante des gens, mais j’avais besoin de plus, d’un second souffle. Ce que j’aimais particulièrement en rentrant au village le soir, c’était cette sensation d’être inatteignable, invincible. La distance avec le quotidien offre plus de sérénité pendant les jours de repos, j’avais la sensation d’être dans un refuge loin du quotidien et ça faisait du bien. Mais la vie dans le rural nous coupe aussi de beaucoup d’opportunités et d’occasions. Cela représente plus de trajets en voiture et plus de fatigue donc moins de possibilités de vivre d’expériences. Aujourd’hui j’ai besoin de vivre ces expériences, d’être proche des lieux animés mais je sais qu’un jour la question du retour au village se posera et que j’y retournerai plus sereine et accomplie. À présent quand j’ouvre mes volets le matin face à la mer, que je me rends à pied à mes rendez-vous, au travail je me sens alignée avec ma décision.

– Je vous sais animée par l’écriture… pouvez-vous m’en dire plus ?
L’écriture m’anime depuis que je sais tenir un crayon. La petite anecdote est qu’en CP on m’avait attribué une personne à mi-temps pour m’aider à tenir mon stylo correctement. Aujourd’hui, j’ai une bosse disgracieuse sur le majeur droit que l’on appelle « bosse de l’écrivain » à cause de ma mauvaise tenue du stylo et j’en suis fière, c’est un défaut physique qui définit celle que je suis : une fille en dehors des cases qui rêve d’écriture depuis que l’on m’a mis un stylo entre les mains. Enfant j’étais très timide et sensible, je pouvais me mettre à pleurer rien qu’en pensant à un sujet qui me touchait c’est là que le rempart de l’écriture s’est imposé à moi. Quand les mots ne parvenaient pas à sortir de ma bouche, je les écrivais. J’ai été très solitaire durant l’enfance et l’adolescence, souvent pointée du doigt pour ma différence, mon amour pour la mode et la littérature. Je me suis réfugiée dans mes passions et l’écriture en a été le guide. J’ai même eu un blog à l’époque du lycée que j’avais nommé
« Marosea » (une contraction de mon nom et mon prénom) j’écrivais sur la mode, mes lectures, mes passe- temps et c’était ma plus grande source d’épanouissement. J’ai également été ambassadrice du magazine « Paulette » pendant quelques années, une des aventures les plus sociables et amusantes de ma jeunesse. Puis j’ai rédigé quelques articles pour Corsica Oggi (pendant deux ans) et Stampa Paese (pendant quelques mois). À l’époque où je vivais en Italie, j’écrivais de la poésie nuit et jour, j’avais même été repérée par Brice Compagnon (fondateur du magazine WAD et de Casting Office) pour un reportage avec Konbini sur les artistes qui se faisaient une place sur Instagram et malheureusement le projet est tombé à l’eau mais je me souviens encore aujourd’hui de l’émotion que son message avait suscitée en moi. C’est la première fois que l’idée d’en faire un vrai projet est née.

– Quelle forme d’écriture ?
J’ai commencé par la poésie, ça a longtemps été le meilleur moyen d’expression de mes émotions. Le processus était souvent le même : je mettais de la musique classique dans mes oreilles, je fermais les yeux et je laissais aller mes doigts sur le clavier ou mon stylo sur le papier. Ces temps d’écriture s’apparentaient à une véritable thérapie par la rime. Mes proches me disaient aussi souvent que j’avais un don pour rédiger les lettres, j’étais celle qui faisait pleurer dans les chaumières pour toutes les fêtes et anniversaires. Au fond cette facilité à dire mes sentiments par écrit ne m’a jamais quittée, je serai toujours plus à l’aise à l’écrit qu’à l’oral. Aujourd’hui j’écris encore beaucoup la prose et le récit introspectif, j’essaie de mêler les deux. J’aime les rimes qui s’entrechoquent et les mots qui font claquer la langue et les émotions. Je me souviens qu’adolescente quand je lisais les magazines de mode ce que j’aimais le plus était l’édito, j’aimais la manière dont l’information était traitée avec émotion et poésie. Aujourd’hui c’est l’effet que j’essaie de reproduire quand je rédige ma newsletter.

– Quel est votre lien à l’écriture ?
Vitale, l’écriture est ma soupape quand les temps sont durs, elle m’aide à comprendre, à apprendre, à appréhender la vie et depuis peu à transmettre. À l’époque où je vivais en Italie, j’ai débuté une thérapie à distance et la psychothérapeute m’avait dit qu’elle n’était pas certaine de pouvoir me suivre si je ne lui livrais pas des journaux complets. Le premier journal faisait 15 pages, la thérapie a duré deux ans. J’écris comme je respire, quand ma main glisse sur le papier il n’y a plus d’intentions, plus de filtre, plus de tabou, juste mon cœur, mon souffle et ce geste kinesthésique si libérateur : écrire.
Aujourd’hui ce n’est plus seulement un outil de mieux être, c’est aussi un moyen de transmission et de partage. Sur mon compte Instagram, je me livre sur des événements significatifs comme mon combat avec le trouble du comportement alimentaire, mon retour à la vie après une période difficile, mes questionnements. J’ai de bons retours, souvent des messages de personnes qui témoignent d’une situation similaire et qui se sentent compris. Je crois qu’on a besoin de lire des récits écrits avec le cœur, je suis persuadée que l’intime est en réalité ce qui touche l’universel.

– Autour de cela, pourriez-vous me parler de ce que vous avez développé ?
Il y a un an, on m’a proposé de participer à un événement qui était majoritairement fait pour des artisans, commerçants ou petits producteurs. Je ne savais pas vraiment ce que j’allais proposer et puis j’ai eu l’idée des ateliers d’écriture. Chaque atelier à un thème que je relie souvent à la saison et à ce qu’elle nous renvoie. J’ai abordé le sujet du réconfort en hiver : comment retrouver la chaleur, le réconfort quand la lumière baisse et que le soleil se fait moins présent. « L’amour » à l’occasion de la Saint-Valentin, celui universel, des animaux, des gens qui nous entourent, l’amour propre, soit l’importance de s’aimer avant de donner son amour à l’autre. Puis « le corps » et « l’épanouissement » au printemps que j’avais mis en lien avec la floraison dans la nature mais aussi ce qui fait fleurir l’humain, la source de nos petits bonheurs quotidiens, de ce qui nous rend heureux sans qu’on ne dépense rien.

– À qui cela s’adresse-t-il ? Quel public ?
Mes ateliers s’adressent à des femmes, curieuses, habituées à écrire ou non. J’ai récemment animé deux ateliers à des femmes qui n’étaient pas toutes coutumières à l’exercice de l’introspection et cela a tout de même été un beau moment pour elles. Certaines sont mêmes reparties avec l’envie de se prêter à l’exercice de l’écriture introspective plus souvent.

– Pourriez-vous m’en décrire les contenus ? Comment sont pensés les ateliers ?

Alors comme je le disais précédemment, je choisis un thème et pour se faire je pars souvent de la saison durant laquelle va se dérouler l’atelier et de ce qu’elle transmet à l’humain. Le cycle de la nature a tant à nous apprendre sur notre propre cycle et la manière dont nous devrions appréhender les saisons qu’il me semble capitale de partir de cela. Une fois le thème décidé, je crée souvent un moodboard, je m’inspire et me replonge dans des lectures passées pour créer la trame de l’atelier. J’écris moi-même longuement sur le sujet, je cherche le récit qui permettra aux participantes d’entrer dans l’atelier avec moi. Je crée souvent un livret sur lequel je mets les textes pour s’inspirer, les images, les exercices et les prompts d’écriture que je propose. Les ateliers durent environ deux heures ou plus si je propose de partir de la création d’un moodboard. Concernant les lieux j’ai eu la chance d’être reçue par plusieurs établissements à Ajaccio comme le café littéraire Bartleby’s dans la rue Fesch. Aujourd’hui, je consacre mes ateliers aux événements que j’organise chaque saison.

– Quelles sont leurs visées ?
L’objectif de ces ateliers est d’offrir aux femmes une bulle sécurisée et bienveillante pour s’exprimer, prendre le temps de faire le point sur ce qui les réconforte, ce qui les anime, le rapport qu’elles entretiennent avec leur corps, la vision qu’elles ont de l’amour. C’est un temps qu’elle s’offre pour déposer aussi ce qu’elles ont sur le cœur et c’est assez puissant. Récemment, j’ai animé deux ateliers sur le corps et plusieurs femmes ont pleuré, ont même été étonnées de ce qu’elles écrivaient. La visée de ces ateliers est d’offrir aux femmes qui participent l’outil que j’ai eu la chance d’avoir depuis toute jeune : le pouvoir de l’introspection par l’écriture. Je dis que ces ateliers sont faits pour faire germer la pensée et fleurir les récits. Je suis touchée de la confiance que ces femmes m’accordent et de voir à quel point ces ateliers ont des répercussions positives pour nombreuses d’entre elles. Je suis heureuse de transmettre cet outil et de permettre à ces femmes de l’utiliser à leur tour.

– Comment voyez-vous la suite ?
La suite est en train de se dessiner lentement. J’ai récemment lancé un projet nommé « La parenthèse » qui consiste à proposer une journée par saison avec un thème, un lieu et plusieurs intervenantes. L’objectif est d’offrir aux participantes un éventail de compétences pour travailler le dit thème comme nous l’avons fait en février pour le corps avec : le yoga avec Muve Yoga, le facialisme avec Aurélie de Beauté Engagée, la photo avec la photographe Orlane Quintin et l’écriture introspective avec moi. Chacune a proposé un atelier et abordé le sujet du corps à travers sa pratique, l’occasion pour les participantes de découvrir différentes professionnelles présentes en Corse et de prendre soin de soi le temps d’une journée loin du quotidien. J’ai également repris la rédaction de ma newsletter nommée « Francà » sur Substack. J’ai choisi ce nom d’abord car j’avais à cœur de choisir un mot en langue corse mais aussi car la signification me semble d’une puissance infinie. Francà signifie franchir, traverser et je crois que c’est ce que nous faisons tout au long de notre vie, traverser et franchir des étapes, des obstacles. Dans cette newsletter je me livre plus profondément sur ma quête d’identité, mes questionnements, l’exploration de mes émotions, mes lectures et les éléments culturels qui m’interpellent. J’aimerais également proposer mes ateliers et mes services d’écriture pour des entreprises à la recherche de plus de sens, ou bien pour aider à la promotion d’un produit. Je serais honorée de rédiger sur les produits de mon terroir et de les mettre en valeur grâce à mes mots.

– Quelles sont les choses ou qui sont les autres qui vous animent ?
Je reprends doucement la photo qui m’a longtemps passionnée mais que j’ai délaissée depuis mon retour en Corse. J’aime illustrer mes récits avec des photos mais j’ai encore besoin de me perfectionner. J’aime suivre et lire le travail de Jessica Troisfontaine pour la poésie de ses mots et la justesse de ses entretiens dans son podcast. J’aime également la façon dont Margaux De Fouchier écrit et se livre sur ses expériences personnelles. J’aime la philosophie de Marie Robert. Je lis beaucoup d’essais, notamment les essais de Lauren Bastide ou Mona Chollet. Je m’intéresse à l’astrologie, au monde culinaire et du vin, aux arts de la table, j’aime vagabonder sur l’île ou en Italie, découvrir de nouvelles tables ou de nouvelles maisons. J’aime passionnément l’artisanat et les gens passionnés par leur sujet, écouter les récits de vie des autres m’impressionnent. J’aime l’art, l’observer, l’analyser ou simplement le contempler bien que je n’aie pas la prétention de m’y connaître. J’aime écouter de la musique et en découvrir et puis j’aime par-dessus tout écrire sur tout cela… Je suis ce qu’on peut appeler une bonne vivante, je crois.

– De quoi vous inspirez-vous ?
Je m’inspire de mes tourments intérieurs, des questionnements qui bousculent mon quotidien et mes pensées. Je m’inspire de ce que je vois dans mon quotidien. De ce que je vis et qui me traverse. Je m’inspire des saisons, du cycle de la nature. Je m’inspire de tout ce qui met les sens en éveil. J’aime partir d’un argument concret pour arriver au spirituel et inversement. Je m’inspire aussi beaucoup du mode de vie en Corse qui suit pas mal le rythme des saisons. Pour écrire je peux partir d’un thème très vaste et large, tout comme d’un sentiment personnel, d’un événement vécu, d’une œuvre d’art ou d’un fait réel m’ayant inspirée. L’inspiration est partout mais je la puise surtout dans mon quotidien et dans les émotions que je traverse.

– Quel est votre art de vivre et votre lien à la Corse ?
Je suis le mouvement ancestral de la « tramuntana » l’hiver en ville et l’été et les vacances au village. Je tente de cueillir de chaque lieu ce qu’il a de meilleur, au village j’aime le temps lent et long. Le dimanche matin au bar chez Bapti pour boire le café et à la boulangerie chez Pascale pour les viennoiseries à tomber. J’aime rendre visite à mon grand-oncle, j’éprouve pour lui une immense tendresse et j’aime la légèreté de nos échanges. À midi, j’aime les déjeuners en famille, c’est le bordel, personne n’écoute vraiment ce que l’autre dit, le repas est bon, réconfortant et familial, mes nièces animent l’instant et c’est ce qui rend les retrouvailles si joyeuses.
Quand je suis en ville, ma vie est plus rythmée et organisée. Plus bruyante aussi. Mes semaines sont rythmées par mes journées de classe, par les jeux des enfants, les ateliers à préparer et le rire des collègues à la récré. Souvent après la classe je rentre chez moi et j’écris, je prépare les ateliers à venir ou j’organise mon contenu pour les réseaux sociaux. Je lis avant de dormir. J’aime me rendre aux marchés, boire un café en terrasse et flâner dans les librairies. J’ai une vie remplie de moments que j’aime et je me la suis choisie avec le temps et les années. Mon lien à la Corse a longtemps été très conflictuel. Ayant été très malheureuse et pointée du doigt pendant l’adolescence, je n’ai pas réussi à y trouver ma place. C’est seulement quand je suis partie vivre en Italie que j’ai commencé à apprécier celle que j’étais car je trouvais chez les autres quelque chose qui était similaire à moi. À mon retour en Corse, j’ai décidé de mener mon enquête notamment pour remplir le contrat des articles pour Corsica Oggi et Stampa Paese, je me devais de comprendre ce qui faisait que les gens aimaient tant cette île. Je suis tombée amoureuse de ma terre natale à 20 ans. J’ai découvert son terroir, son savoir-faire, sa culture, son histoire et je m’en suis passionnée. Aujourd’hui, j’observe et je me passionne de jour en jour pour ce mode de vie que l’on a gardé et que l’on transmet. Le respect et la transmission de nos ancêtres, l’importance de la famille, de la table pleine de produits locaux, du bouche à oreille, des petits producteurs, du respect de la production kilomètre zéro, de ceux qui font perdurer l’artisanat, le savoir-faire. Je suis notamment le projet brillant de Vannina Bernard-Leoni qui a initié un échange avec le Japon autour de la châtaigne et de la sauvegarde de nos châtaigneraies, la Corse et son peuple ont des ressources inépuisables et j’admire ceux qui parviennent à les exploiter pour faire rayonner notre culture à l’international. La Corse est un territoire fascinant et je ne l’ai compris qu’à 20 ans.

– Quels sont vos rêves et vos aspirations ?
Je rêve d’écrire, de construire des projets autour des mots, des sens, de la nature et du récit des hommes et des femmes passionné(e)s de cette île et peut-être à mon tour de faire rayonner la Corse à ma façon. Continuer de transmettre et d’aider les femmes à aller vers plus d’introspection et de bien-être. Je rêve à l’écriture d’un livre ou plusieurs, un jour je l’espère. J’aspire à une vie sereine, pleines de mots, de partages et de projets inspirants. Je me souhaite d’avancer avec conscience, confiance et gratitude. Franchir les étapes et traverser la vie en santé, éveillée et émerveillée toujours !

@andrea_maroselli

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