« Ce qu’on imprime, c’est ce qu’on crie » : la jeunesse corse fait entendre sa voix

Le 1ᵉʳ octobre 2025, le Musée de l’Alta Rocca à Levie a accueilli le vernissage de l’exposition « Ce qu’on imprime, c’est ce qu’on crie », un projet artistique initié par les élèves de la section Arts du lycée de Sartène, en partenariat avec le centre d’information des droits de la femme et de la famille (CIDFF) de Corse-du-Sud. À travers le médium du fanzine, les jeunes ont exprimé avec force leur engagement contre les violences faites aux femmes.


Par Anne-Catherine Mendez

Accompagnés par L’Indéprimeuse, artiste et éditrice engagée, et par Jean-Jacques Cangioni, responsable pédagogique de la classe préparatoire, Prép’Art, les lycéens ont conçu une série de créations originales — collages, slogans, typographies, compositions graphiques — transformées pour l’occasion en affiches grand format. Ces œuvres, sensibles et percutantes, ont révélé une parole à la fois intime et politique, portée par une génération qui refuse le silence.

Pour Alexandre Sidin Benedetti, proviseur de la cité scolaire, ce projet revêtait une importance particulière. Il rappelle : « Les violences faites aux femmes demeurent une réalité préoccupante. Travailler ce sujet avec les élèves permet d’aborder la problématique autrement, en leur donnant les moyens de se l’approprier et de la traduire artistiquement. » Il souligne également l’impact éducatif plus large de cette initiative : « Cette exposition fait écho aux actions que nous menons sur l’égalité filles-garçons, le harcèlement et le cyberharcèlement. Les élèves en parlent entre eux, et leurs réflexions irriguent l’ensemble de la cité scolaire. »

Après son passage à Levie, l’exposition a poursuivi son chemin : elle a été présentée à la Collectivité de Corse le 27 novembre 2025, confirmant l’intérêt institutionnel pour cette démarche artistique et citoyenne. Ce second temps fort a permis de donner une plus grande visibilité au travail des élèves et de rappeler l’urgence de poursuivre la lutte contre les violences faites aux femmes.

En France, une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son conjoint ou ex-conjoint ; en Corse, les chiffres demeurent tout aussi alarmants. En donnant la parole à la jeunesse, « Ce qu’on imprime, c’est ce qu’on crie » démontre combien l’art peut devenir un vecteur essentiel de sensibilisation, de transmission et de changement social.

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